Une clôture pleine de 1,80 m de haut se comporte comme une voile. Sur quinze mètres de long, elle oppose au vent une surface de 27 m², et tout l’effort qu’elle reçoit finit dans une dizaine de poteaux et dans ce qui les tient au sol. Dans un lotissement abrité, la question ne se pose guère. En bord de mer, en plaine ou en haut d’un coteau, elle se pose dès le premier coup de vent d’automne, et mieux vaut y avoir répondu avant de commander.
D’où vient le vent, et comment arrive-t-il sur votre terrain ?
Le vent dominant ne se devine pas sur une carte, il se lit sur place. Les arbres du voisinage déformés « en drapeau » par les rafales indiquent la direction qui compte, tout comme les feuilles mortes qui s’accumulent toujours dans le même angle du jardin. Les voisins installés depuis longtemps savent en général quelle partie de leur propre clôture a souffert, et c’est une information précieuse.
Un terrain ouvert sur des champs ou sur la mer reçoit le vent sans obstacle, alors qu’une rangée de maisons ou un bois placés en amont en absorbent une bonne partie. La configuration des lieux compte autant que la météo. Un passage étroit entre deux maisons accélère le vent comme un entonnoir, et l’angle d’un pignon crée des rafales que le reste du terrain ne connaît pas. C’est souvent sur ces quelques mètres que se joue la tenue de toute la clôture : mieux vaut les repérer avant de dessiner le tracé que les découvrir après la première tempête.
Faut-il vraiment fermer sur toute la longueur ?
Un écran plein n’arrête pas le vent, il le dévie. L’air passe par-dessus et retombe derrière en tourbillons, si bien que la zone réellement abritée est plus courte qu’on ne l’imagine et que les plantes situées juste derrière peuvent être secouées. Les agriculteurs le savent depuis longtemps : une haie qui laisse passer une partie de l’air protège sur une plus grande distance qu’un mur.
Dans la plupart des jardins, le besoin d’intimité ne concerne d’ailleurs qu’une partie de la limite : la terrasse, une fenêtre en vis-à-vis, le coin où l’on dîne l’été. Une solution mixte tient souvent mieux qu’une clôture pleine continue, avec des panneaux pleins là où l’on veut être à l’abri des regards, une haie vive ou une clôture ajourée ailleurs, et une hauteur réduite sur les tronçons les plus exposés. Une haie plantée devant la clôture, du côté d’où vient le vent, encaisse aussi une partie des rafales avant qu’elles n’atteignent les lames, à condition de lui laisser quelques années pour s’étoffer. Chaque dizaine de centimètres en moins réduit la surface offerte au vent et l’effort de renversement que subissent les poteaux.
Le support tiendra-t-il l’effort ?
Ce que le vent pousse sur les lames remonte vers les poteaux, puis descend vers leur ancrage. Avec des lames de clôture composite montées entre des poteaux en aluminium thermolaqué et vendues en kits de 1,50 m de long sur 1,80 m de haut, l’écartement des poteaux est fixé par la longueur des travées : impossible de les espacer davantage pour économiser un poteau, et c’est plutôt une bonne chose dans un jardin exposé. La vraie question porte alors sur ce qui se trouve sous les poteaux.
En pleine terre
Un poteau scellé dans le béton résiste d’autant mieux que son massif est dimensionné pour le terrain et pour l’exposition. Une terre argileuse gorgée d’eau en hiver, un remblai récent ou un sol sableux près du littoral ne tiennent pas un poteau comme un terrain compact. Les préconisations de la notice sont un minimum ; sur un site très venté, demandez au vendeur ou à un maçon s’il faut aller au-delà.
Sur un muret existant
Fixer des poteaux sur un muret avec des platines est courant, mais le muret devient alors le maillon faible. Un vieux muret de parpaings sans fondation sérieuse ni chaînage n’a pas été construit pour recevoir, à son sommet, la poussée d’une clôture de 1,80 m. Plus la clôture dépasse haut au-dessus du muret, plus elle tend à le faire basculer. Une fissure horizontale ou un léger faux aplomb justifient l’avis d’un maçon avant d’y fixer quoi que ce soit.
Et si un panneau cède ?
Une travée arrachée ne tombe pas toujours chez soi. Elle peut finir sur la voiture du voisin, sur le trottoir ou contre une baie vitrée, et c’est d’abord vers le propriétaire de la clôture que l’on se tournera. Avant de poser, relisez votre contrat d’assurance habitation pour savoir comment sont pris en charge les dégâts causés par la clôture et ceux qu’elle subit lors d’une tempête. Gardez aussi les factures et la notice de pose, qui serviront en cas de déclaration de sinistre.
Le reste relève de l’habitude. Après chaque épisode de vent fort, faites le tour de la clôture en poussant chaque poteau de la main. Un poteau qui a pris du jeu se reprend sans grande difficulté tant qu’il est seul ; laissé en l’état, il entraîne souvent les deux travées voisines au coup de vent suivant.


