Boutures à bois sec : les erreurs qui les font échouer cet hiver

Boutures à bois sec : les erreurs qui les font échouer cet hiver

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Boutures à bois sec : les erreurs qui les font échouer cet hiver

Les feuilles du cassissier sont tombées, le forsythia est nu, et c’est justement le moment de les multiplier. La bouture à bois sec, prélevée entre la chute des feuilles et la fin de l’hiver, est la technique la plus simple qui soit pour obtenir gratuitement des arbustes de haie ou des petits fruits. Elle ne demande ni serre ni hormone. Elle échoue pourtant souvent, presque toujours pour les mêmes raisons.

Couper n’importe quel rameau

Le bon rameau a poussé dans l’année : il est de la grosseur d’un crayon, aoûté (c’est-à-dire durci, devenu brun), et pris sur une plante en bonne santé. Les gourmands très vigoureux, trop gorgés d’eau, et les vieilles branches de plusieurs années s’enracinent beaucoup moins bien. On évite aussi tout rameau portant des taches, des chancres ou des traces d’oïdium : la maladie suivrait la bouture.

La longueur compte. Une bouture de vingt à vingt-cinq centimètres, avec plusieurs yeux, a assez de réserves pour tenir jusqu’au printemps. Une bouture de dix centimètres sèche avant d’avoir formé ses racines.

Planter la bouture à l’envers

Cela paraît absurde, et pourtant c’est fréquent quand on prépare une vingtaine de tronçons sur une table et qu’on les mélange. Une bouture plantée tête en bas ne racinera pas. Le réflexe à prendre : couper la base en biseau, juste sous un œil, et le haut bien droit, juste au-dessus d’un œil. Le biseau en bas, le plat en haut, et l’on ne se trompe plus. La coupe plate du haut a un second avantage : elle limite la surface exposée au froid et à la pluie, contrairement à un long biseau.

Le moment du prélèvement compte aussi. On coupe les rameaux un jour sans gel, on les plante dans la foulée, et si ce n’est pas possible, on les garde en botte, la base dans un seau de sable humide, à l’ombre et au frais. Une bouture qui a passé deux jours à sécher sur l’établi du garage part avec un handicap qu’elle ne rattrapera pas.

Les enterrer trop peu, dans une terre qui garde l’eau

On enfonce la bouture aux deux tiers de sa longueur, en ne laissant dépasser que deux ou trois yeux. C’est dans la partie enterrée que se forment les racines ; une bouture plantée à peine sur cinq centimètres est déchaussée par le premier gel.

Le sol doit être drainant. Dans une terre argileuse, on ouvre une petite tranchée à la bêche et l’on garnit le fond de sable sur quelques centimètres, ce qui évite que la base ne baigne tout l’hiver. On plante ensuite les boutures dans la tranchée, espacées de dix à quinze centimètres, on referme et on tasse au pied pour supprimer les poches d’air. Un endroit abrité, à mi-ombre, au pied d’une haie ou d’un mur exposé à l’est, convient mieux qu’un carré en plein vent.

Choisir des espèces qui n’aiment pas cette méthode

La bouture à bois sec en pleine terre fonctionne remarquablement avec certaines plantes et presque jamais avec d’autres. Parmi celles qui la supportent très bien :

  • les cassissiers, groseilliers et figuiers ;
  • les saules et les cornouillers à bois coloré ;
  • le forsythia, le seringat, le weigela et le sureau ;
  • de nombreux rosiers, surtout les rosiers anciens et les rosiers buissons vigoureux.

À l’inverse, les conifères, les érables du Japon, les magnolias ou les lavandes se multiplient par d’autres moyens (bouture semi-aoûtée en été, sous châssis, ou greffe). S’acharner sur ces espèces en novembre mène à la déception. Pour les gestes propres à chaque plante, les guides pratiques consacrés au bouturage aident à réussir ses boutures au jardin en choisissant la bonne période et la bonne technique ; le rosier, par exemple, accepte plusieurs méthodes selon la saison.

Déterrer trop tôt pour voir si ça a pris

C’est l’impatience qui tue le plus de boutures. Pendant l’hiver, il ne se passe rien de visible. Au printemps, les yeux débourrent et de petites feuilles apparaissent, ce qui ne prouve rien : une bouture peut ouvrir ses bourgeons sur ses seules réserves, puis faner en juin faute de racines. Tirer dessus pour vérifier arrache les radicelles naissantes.

La règle est de ne pas toucher aux boutures avant l’automne suivant. Entre-temps, on désherbe autour, on arrose pendant les périodes sèches de l’été, et l’on accepte d’en perdre une partie. C’est pour cela qu’il vaut mieux en planter deux fois plus qu’on n’en veut : prélever des rameaux ne coûte rien et ne nuit pas à la plante mère, puisqu’on récupère souvent le bois de taille.

Oublier de les repérer

Dernière erreur, plus bête mais très répandue : planter une rangée de tiges brunes en novembre dans un coin du potager, et la retourner à la bêche en mars sans l’avoir reconnue. Une étiquette solide en bout de rang, avec le nom de la plante et la date, et éventuellement deux piquets aux extrémités, suffisent à l’éviter. Notez aussi le nombre de boutures plantées : en les comptant l’automne prochain, vous saurez quelles espèces réussissent dans votre terre, et vous ajusterez la récolte de rameaux de l’année suivante en conséquence.

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